Antoine de Lamothe Cadillac.
Image: Antoine de Lamothe Cadillac.

1701 : On met des esclaves au travail au Fort Pontchartrain de Cadillac
En 1701, l'ambitieux pionnier et commerçant de fourrures Antoine de Lamothe Cadillac établit le Fort Pontchartrain sur les berges de la rivière Detroit. Des esclaves noirs furent parmi ses premiers habitants.

1709 : Louis XIV autorise l'esclavage de façon formelle en Nouvelle-France
Le roi Louis XIV autorise formellement l'esclavage en 1709 lorsqu'il accorda la permission à ses sujets canadiens de se porter acquéreurs d'esclaves selon le « droit de propriété ». Il y eut moins de propriétaires d'esclaves en Nouvelle-France que dans les colonies anglaises avoisinantes, mais peu de pionniers français remirent ouvertement en question cette pratique de longue date.


Afin de couvrir sa fuite, Marie-Joseph Angélique mit le feu à la maison de son propriétaire.
Image: Afin de couvrir sa fuite, Marie-Joseph Angélique mit le feu à la maison de son propriétaire.

Printemps 1734 : Angélique est torturée et pendue
Marie Joseph Angélique fut soupçonnée d'avoir mis le feu à la maison de son propriétaire; environ 50 maisons furent détruites. On en fit un exemple pour tous les Noirs en la torturant, puis en la soumettant à la pendaison.

1760 : Clauses pour la préservation du droit de propriété d'esclaves dans les « Articles of Capitulation »
Lorsque les Britanniques conquirent la Nouvelle-France en 1760, les « Articles of Capitulation » stipulèrent que les Noirs et les Pawnee demeureraient esclaves.

Le 7 novembre 1775 : La déclaration de Lord Dunsmore
Face à une inévitable rébellion armée, Lord Dunsmore, gouverneur de la Virginie, déclara un état de loi martiale dans sa colonie et décréta que « chaque personne pouvant servir dans l'armée » y compris « les domestiques à long terme, les nègres, ou autres » doivent se présenter pour le service militaire. Plus de 300 Noirs joignirent « l'Ethiopian Regiment ».


Une famille de Loyalistes noirs à Bedford Basin (Aquarelle de Robert Petley, de Bibliothèque et Archives Canada/ C115424).
Image: Une famille de Loyalistes noirs à Bedford Basin, près de Halifax, Nouvelle-Écosse (Aquarelle de Robert Petley, de Bibliothèque et Archives Canada/ C115424).

Le 10 mai 1776 : Corps militaire de Noirs établi
De nombreux Noirs participèrent à la Révolution américaine en tant que lamaneurs (pilotage des navires), bûcherons, main-d'œuvre, claironnistes et musiciens. Un corps militaire composé de Noirs libres, les « Black Pioneers », fut établi par le général Henry Clinton.

1776 : Des « Noirs libres » arrivent en Nouvelle-Écosse
Le Canada développa une réputation en tant que refuge sécuritaire pour les Noirs durant la Révolution américaine de 1775 à 1783. Les Britanniques promirent la liberté et des droits égaux aux esclaves et aux Noirs libres en échange de leur service militaire. Les premiers Loyalistes noirs qui arrivèrent en Nouvelle-Écosse furent des membres de la « Company of Negroes » évacués de Boston avec des troupes britanniques.

Le 30 juin 1777 : la Philipsburg Proclamation de Clinton
Sir Henry Clinton encouragea les esclaves noirs à déserter leurs maîtres rebelles, leur promettant la liberté et le refuge. Le commandant en chef Sir Guy Carleton garantissait la libération de tous les esclaves qui demandaient formellement la protection des Britanniques. On estime que 100 000 Noirs se rangèrent du côté des Britanniques au cours de la Révolution américaine.

Octobre 1781 : Le révérend John Stuart, un Loyaliste, emmène des esclaves au Québec
De nombreux Loyalistes qui s'établirent dans le Haut-Canada ne voyaient aucun conflit entre l'institution de l'esclavage et leurs convictions morales. Le premier ministre de la Church of England dans le Haut-Canada, le révérend John Stuart de Kingston, inscrivit dans son journal personnel qu'il avait emmené des esclaves noirs avec lui à partir de la Mohawk Valley.


Une esclave noire anonyme (de Annenberg Media/Northwind Picture Archives).
Image: Une esclave noire anonyme (de Annenberg Media/Northwind Picture Archives).

Le 1er juillet 1782 : Sylvia, une esclave, défend le colonel Creighton
Lorsque Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, fut envahie par des soldats américains, Sylvia, la domestique du colonel John Creighton, se porta à sa défense. Elle fit des allers et retours entre la maison de Creighton et le fort où il livrait bataille avec ses soldats, lui apportant des cartouches cachées dans son tablier. Elle protégea aussi le fils du colonel ainsi que leurs objets de valeur. Après la bataille, Creighton fut publiquement reconnu et récompensé pour l'héroïsme de sa domestique.

1784-1792 : David George
Le prédicateur baptiste David George était un Loyaliste noir de la Virginie. Il s'établit à Shelburne en 1784 et se mit à la prédication dans la ville avoisinante de Birchtown. Ses sermons hauts en émotions attirèrent à la fois les chrétiens blancs et noirs. À partir de fonds provenant uniquement de la communauté noire, George fonda plusieurs églises baptistes noires et partit un mouvement d'autosuffisance qui existe encore de nos jours.


Les Noirs sont éconduits brutalement hors de Shelburne par des soldats blancs.
Image: Les Noirs sont éconduits brutalement hors de Shelburne par des soldats blancs.

Les 26-27 juillet 1784 : La première émeute raciale au Canada secoue Birchtown
Les « Black Pioneers » furent parmi les premiers pionniers à s'établir à Shelburne, en Nouvelle-Écosse, suite à la Révolution américaine; ils contribuèrent à l'édification de ce nouveau peuplement. En périphérie ils établirent « Birchtown », leur propre communauté. Lorsque des centaines de soldats de compagnies dissoutes furent obligés de travailler pour des salaires concurrentiels par rapport à leurs voisins noirs, les hostilités subséquentes dégénérèrent en émeute.


« Les ébats de Nègres » (œuvre de Richard Bridgens, Library of Congress).
Image: « Les ébats de Nègres » tel que dépeint dans cette esquisse de 1936 étaient interdits dans la ville de Shelburne (œuvre de Richard Bridgens, Library of Congress).

Le 12 mai 1785 : Les « ébats noirs » sont interdits
Les officiels de la Nouvelle-Écosse ordonna l'impression immédiate de 50 circulaires interdisant les soirées dansantes noires et les 'ébats' noirs dans la ville de Shelburne. »

Le 13 juillet 1787 : l'Ordonnance du Nord-Ouest est entérinée
En 1787, les États-Unis promulguèrent l'Ordonnance du Nord-Ouest, le premier projet de loi antiesclavagiste en Amérique du Nord; celui-ci s'appliquait à son territoire du nord-ouest où l'autorité gouvernementale n'était pas clairement définie. Cette région était simultanément un territoire américain « libre » tout en faisant partie d'une province britannique « esclave ».

1790 : Statut impérial
Le Statut impérial de 1790 permettait effectivement aux pionniers d'emmener des esclaves avec eux au Haut-Canada. Selon ce Statut, les esclaves n'avaient droit qu'à être nourris et vêtus. Tout enfant né de parents esclaves devenait libre à l'âge de 25 ans, et quiconque libérait un esclave devait s'assurer que cette personne allait pouvoir subvenir à ses besoins.


Les encans d'esclaves
Image: Les encans d'esclaves continuèrent d'exister au Canada même après la guerre de l'Indépendance américaine.

Juillet 1791: Le cas d'un esclave est entendu devant les tribunaux en Nouvelle-Écosse
La liberté pour les Noirs était une chose fuyante; les engagements que prirent les Britanniques à leur égard à la fin de la guerre d'Indépendance comptaient pour très peu. Mary Postell, une esclave, traduit son « propriétaire », Jesse Gray, en justice à deux reprises. Il fut trouvé non coupable bien qu'il l'eut vendue, elle et son enfant.

Le 15 janvier 1792: L'exode des Loyalistes noirs
Les Loyalistes noirs éprouvaient beaucoup de difficultés à subvenir à leurs besoins à cause de la discrimination. Cette conclusion s'imposa : ils ne seraient jamais réellement libres et égaux en Nouvelle-Écosse. Lorsque dans les années 1790, on leur offrit la possibilité de quitter la colonie, environ 1 200 Noirs quittèrent Halifax pour s'établir en Sierra Leone.


John Graves Simcoe (de la  Metropolitan Toronto Library)
Image: John Graves Simcoe, premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, aida à l'abolition de l'esclavage au Canada en 1793 (de la Metropolitan Toronto Library).

Le 21 mars 1793: Le cas Cooley
Les Canadiens du Haut-Canada furent estomaqués lorsque Chloë Cooley, une jeune esclave de Queenstown fut battue, ligotée et vendue par son propriétaire à un Américain. La loi britannique ne permettant pas de poursuivre ce cas, le propriétaire fut quand même amené devant le Conseil exécutif du Haut-Canada le 21 mars 1793. Cet incident convainquit le lieutenant-gouverneur Simcoe du besoin d'abolir l'esclavage.

Le 19 juin 1793 : Le projet de loi de Simcoe contre la traite des esclaves
Lorsque Simcoe quitta l'Angleterre pour assumer son poste en tant que premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, il se jura de ne jamais appuyer de lois discriminatoires. Le 19 juin 1793, White, le procurer général, introduisit le projet de loi antiesclavagiste et celui-ci fut promulgué, même s'il ne s'agissait pas de l'abolition de l'esclavage mais plutôt d'une interdiction graduelle.

1794 : Les Loyalistes noirs déposent une requête pour un peuplement entièrement composé de Noirs au Haut-Canada
En 1794, dix-neuf Noirs libres dans la région de Niagara déposèrent une requête auprès du gouverneur Simcoe : ils demandaient, en échange de leur service militaire durant la guerre entre la Grande-Bretagne et l'Amérique, un lotissement où ils pourraient établir un peuplement composé uniquement de Noirs. La pétition fut rejetée. En 1819, le gouvernement établit Oro Settlement près de Barrie.


Leonard Parkinson (de Nova Scotia Archives/N-6202).
Image: Leonard Parkinson, capitaine des Maroons (de Nova Scotia Archives/N-6202).

Le 22 juillet 1796 : Les Maroons débarquent à Halifax
Le 22 juillet 1796, un groupe de 600 combattants de la liberté débarquèrent à Halifax. Ces immigrants étaient les Maroons provenant de la communauté jamaïcaine d'esclaves évadés qui avaient protégé leur liberté pendant plus d'un siècle, repoussant de nombreuses tentatives pour en faire des esclaves à nouveau.

1799 : Papineau présente, au nom des citoyens, une pétition visant à abolir l'esclavage au Bas-Canada
En 1799, Joseph Papineau (père de Louis-Joseph Papineau) présenta une pétition de la part des citoyens demandant au gouvernement d'abolir l'esclavage, ce qui donna lieu à une série de mesures antiesclavagistes. Bien que ces projets de loi furent défaits, la société cheminait tout de même vers l'abolition de l'esclavage au Bas-Canada.